Contexte / Enjeux

Dans le cadre du Grand Défi Biocontrôle et Biostimulation pour l’Agroécologie, le projet REMED vise à faire évoluer les pratiques d’expérimentation et d’évaluation des biosolutions.

Son ambition : passer d’une logique d’essais isolés à une infrastructure collective, capable de produire, partager et valoriser des connaissances robustes sur les conditions d’efficacité et de réussite des solutions de biocontrôle et de biostimulation.

Accélérer le déploiement des biosolutions en agriculture 

Le Grand Défi Biocontrôle et Biostimulation pour l’Agroécologie (GDBB) s’inscrit dans l’ambition de développer et de déployer en France des solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques. Il repose notamment sur la création d’une infrastructure distribuée, destinée à structurer les communautés d’acteurs, soutenir l’innovation et favoriser le transfert des solutions vers les agriculteurs.  

Dans ce dispositif, REMED constitue une composante d’infrastructure dédiée à l’expérimentation, aux méthodes d’évaluation et à la valorisation des données. Il vient ainsi compléter les autres composantes du GDBB en apportant un maillage national de compétences, de méthodes et de sites d’expérimentation.  

L’enjeu est particulièrement important pour les biosolutions. Leurs performances peuvent en effet dépendre fortement des conditions d’utilisation, du contexte pédoclimatique, des interactions avec la culture et l’environnement ou encore de la combinaison avec d’autres leviers. Il est donc nécessaire de dépasser une évaluation fondée uniquement sur l’efficacité biologique et de mieux caractériser les comportements des solutions et leurs conditions de réussite au champ.

Une infrastructure pour changer les pratiques d’évaluation 

REMED signifie « Réseau d’Expérimentation de biosolutions basé sur des Méthodes innovantes et la valorisation conjointe des Données ». 

Son objectif est de créer une infrastructure nationale permettant de tester, améliorer et valoriser collectivement les biosolutions, en s’appuyant sur des méthodes robustes, des données mutualisées et un réseau d’expérimentation structuré.  

Le projet poursuit ainsi deux transformations majeures : 

  • faire évoluer les pratiques d’évaluation, grâce à des méthodes adaptées aux spécificités des biosolutions, harmonisées entre les expérimentateurs et co-construites entre acteurs publics et privés ;  
  • transformer les dynamiques de partage, en mettant en réseau les stations d’expérimentation, en harmonisant et contextualisant les données et en facilitant leur réutilisation.  

L’ambition est donc de passer d’une logique d’expérimentation isolée à une infrastructure collective de production, de qualification et de partage de connaissances

Un périmètre large, au service des acteurs de la chaîne de valeur 

  • REMED s’intéresse à différentes catégories de biosolutions : produits formulés, solutions de biocontrôle homologuées ou prochainement autorisées, biostimulants stables, les combinaisons de leviers intégrant plusieurs solutions ou pratiques. 

Le réseau a vocation à couvrir différentes filières et différents contextes de production, avec des expérimentations allant de la serre à la parcelle en conditions de production. 

REMED s’adresse à un large éventail d’acteurs : metteurs en marché et développeurs de biosolutions, distributeurs, organismes de recherche, instituts techniques, chambres d’agriculture et prestataires d’expérimentation. 

REMED doit ainsi proposer à terme trois composantes complémentaires : des services, des outils et un réseau.

Quatre work packages pour construire l’infrastructure

Le fonctionnement de REMED repose sur quatre work packages (WP) complémentaires. 

WP1 – Pilotage et animation du réseau 

Le WP1 assure la coordination administrative, financière et stratégique du projet, ainsi que l’animation de la gouvernance et des partenaires. Il est également chargé de développer le réseau, de structurer les modalités d’adhésion et d’utilisation des méthodes, de coordonner les demandes d’expérimentation et d’assurer la valorisation des résultats.  

WP2 – Le « Bureau des méthodes » 

Le WP2 constitue le cœur méthodologique de REMED. Il vise à concevoir et développer des méthodes d’évaluation adaptées aux spécificités des biosolutions, puis à les valider collectivement au sein du réseau. 

Ces méthodes doivent notamment prendre en compte les conditions réelles d’utilisation, les facteurs abiotiques, les conditions d’application, la viabilité des microorganismes, la physiologie des plantes, les macro-organismes ou encore les facteurs paysagers. Elles ont vocation à fournir aux utilisateurs des informations allant au-delà de la seule efficacité, avec des modes d’emploi permettant de mieux comprendre dans quelles conditions une biosolution peut réussir 

Le développement des méthodes repose sur une démarche collective : les besoins sont identifiés et priorisés avec le Comité des utilisateurs, les méthodes sont proposées par le Conseil des méthodes, puis leur développement et leur validation sont confiés à des porteurs au sein du réseau.  

WP3 – Gestion et valorisation des données 

Le WP3 a pour objectif de construire une base de données commune regroupant les données d’essais contextualisées et harmonisées, afin de permettre leur analyse et leur réutilisation. 

L’enjeu est notamment de développer une ontologie commune, de contextualiser les données sur les plans pédoclimatique et agronomique et de mettre en œuvre des méta-analyses à l’échelle du réseau. Ces analyses permettront de mieux identifier les facteurs influençant les performances des biosolutions, de comparer les résultats entre situations et de faire émerger des conditions de réussite, des bonnes pratiques et des situations d’impasse.  

Le WP3 travaillera également sur les conditions juridiques et organisationnelles du partage des données, avec notamment un plan de gestion des données, des contrats types et des règles de gouvernance permettant de définir les modalités d’accès, de mutualisation et de diffusion.  

WP4 – Expérimentation déployée 

Le WP4 constitue le réseau opérationnel d’expérimentation. Il permettra de déployer les méthodologies développées par le Bureau des méthodes au sein d’un réseau national et multi-filières. 

Les essais pourront être estampillés REMED lorsqu’ils respecteront les méthodologies et recommandations du réseau et que leurs données seront capitalisées dans la base commune, leur donnant, à terme, un gage de qualité. 

 Le réseau permettra également d’organiser les retours d’expérience des expérimentateurs vers le WP2 afin d’améliorer en continu les méthodes.  

Cette boucle entre méthodes → expérimentation → données → analyse → amélioration des méthodes constitue l’un des principes structurants de REMED. 

Une infrastructure appelée à s’inscrire dans la durée

La construction de REMED s’inscrit dans le cadre du Grand Défi Biocontrôle et Biostimulation pour l’Agroécologie, financé dans le cadre de France 2030, jusqu’en 2029. L’enjeu est de faire de REMED une infrastructure opérationnelle et pérenne, capable de continuer à fédérer les acteurs au-delà de ce périmètre de financement. 

REMED doit ainsi contribuer à installer durablement une nouvelle façon de travailler collectivement sur les biosolutions : mettre en réseau les compétences, harmoniser les méthodes, partager les données et transformer les résultats d’expérimentation en connaissances directement mobilisables pour accélérer leur déploiement dans les systèmes agricoles.

De l’expérimentation au service pour les acteurs

À terme, REMED a vocation à proposer un véritable réseau de service d’expérimentation et d’analyse. 

Un commanditaire pourra solliciter le réseau pour évaluer le comportement ou les performances d’une biosolution.  

Quels résultats attendus ? 

  • des méthodes d’évaluation robustes, adaptées aux biosolutions et validées collectivement ;  
  • des protocoles harmonisés et des pratiques expérimentales commune au sein d’un réseau national 
  • un réseau national d’essais, multi-filières et connecté ;  
  • une base de données commune, structurée, contextualisée et interopérable ;  
  • des méta-analyses permettant de valoriser les données disponibles à une échelle plus large;  
  • des services d’envirotypage, de contextualisation pédoclimatique et d’aide au choix des situations d’expérimentation ;  
  • la capitalisation et le partage des conditions de réussite des stratégies de protection intégrant les biosolutions via  
  • la meilleures caractérisation des comportements et performances des biosolutions en conditions de production ; 
  • la compréhension des facteurs influençant leur efficacité  
  • mais aussi, la construction et le développement du réseau d’acteurs portés par une image de marque et assorties de chartes d’usage. 

L’objectif final est de créer un environnement collectif de confiance pour faciliter le transfert et la massification des biosolutions dans le cadre d’une stratégie agronomique orientée vers la transition agro-écologique, en apportant aux différents acteurs de la chaîne de valeur non seulement des résultats d’essais et des connaissances pour comprendre, expliquer et reproduire les conditions de réussite. 

   En savoir plus

Informations pratiques :  

Piloté par : Acta 

Commencé le : 01 Oct. 2025  

Durée : 60 mois 

Financé par : FRANCE 2030 

Pour un coût total de : 5433644,46 €  

En partenariat avec :

  • Institut Agro Montpellier 
  • INRAe 
  • ARVALIS 
  • Astredhor 
  • ITB 
  • ITEIPMAI 
  • Vegenov-BBV 
  • IFV 
  • CTIFL 
  • FNAMS 
  • Université Bourgogne Europe 
  • doriane 
  • Antédis 
  • Chambre d’agriculture de la Gironde 
  • Chambres d’agriculture France 
  • Rovaltain Research STAPHYT 
Direction Scientifique et Technique
Chloé SWIDERSKI
Responsable du Pôle Protection Intégrée des Cultures