DIGI-AGRO : la formation 100% digitale dédiée à la protection intégrée des cultures
Pour diffuser les bonnes pratiques autour de la protection intégrée des cultures, l’Acta a coordonné et piloté le projet DIGI-AGRO, une formation 100% digitale et accessible à tous. Conçu pour les étudiants, les agriculteurs et les conseillers, ce programme éducatif et ludique aide à la prise en main des leviers techniques et agronomiques pour répondre aux enjeux de la transition agroécologique.
Essentielle à la transition agroécologique face aux défis actuels, la protection intégrée des cultures (PIC) consiste à prévenir l’impact des bioagresseurs sur les plantes cultivées tout en minimisant l’usage de produits phytosanitaires.
Loin d’être un concept nouveau, son appropriation par les acteurs de terrain reste un défi. C’est pour y répondre que l’Acta a coordonné le projet DIGI-AGRO sur la période 2023-2025 : une formation 100% digitale, gratuite et en accès libre.

« L’objectif est d’accompagner le changement de paradigme : passer d’une chimie qui apportait une réponse simple et efficace, à une stratégie globale combinant différents leviers pour construire une protection raisonnée, durable et efficace », explique Marianne Sellam, directrice Scientifique et Technique à l’Acta. « Le sujet est vaste et peut être perçu comme complexe. Il nous a semblé indispensable de produire des outils de formation accessibles à tous pour favoriser cette appropriation » complète Lola Ponnet, cheffe de projet Valorisation et Formation Protection Intégrée des Cultures à l’Acta.
Fournir des contenus scientifiques et adaptables à différents contextes de formation, pour démocratiser les concepts et éviter une approche trop descendante : c’est avec cette philosophie qu’est né le projet DIGI-AGRO, récompensé aux Trophées du Digital Learning 2024.
248 modules de formation sur les principales filières
Sous la coordination de l’Acta, le projet a mobilisé différents partenaires aux expertises complémentaires : techniques (Alliance Biocontrôle, ex-IBMA), académiques (AgriCampus 66, l’université de Lorraine et l’école d’ingénieurs INP Purpan) et issues de la tech (My Green Training Box pour l’e-learning) et Play Curious, un studio de développement spécialisé dans les jeux vidéo. Le premier grand livrable de DIGI-AGRO prend la forme de modules courts d’environ 4 minutes, disponibles en vidéo, audio et texte, mis à disposition en accès libre et gratuit sur la plateforme My Green Training Box.
DIGI-AGRO C’EST…
- 25 parcours de formations
- 248 modules
- 173 établissements de formation touchés
- 6266 apprenants
Ils couvrent les 5 filières agricoles (grandes cultures et polyculture-élevage, viticulture, arboriculture, cultures légumières de plein champ et cultures sous-abris) et balaient 5 thématiques (ennemis des cultures et évaluation des risques, prophylaxie et méthodes de lutte physique, infrastructures agroécologiques et lutte biologique par conservation, solutions de biocontrôle, et combinaison des techniques pour des systèmes de culture innovants). « Nous avons ainsi construit 248 modules de micro-learning visant différents publics : agriculteurs, conseillers, étudiants. C’est un total de 25 parcours de formation différents qui sont proposés », explique Marianne Sellam.

Le formateur ou l’apprenant peut choisir de suivre un parcours complet de formation ou de sélectionner certains modules. Cela permet de démultiplier les cas d’usage comme en témoigne Benjamin Richard, enseignant-chercheur en agronomie et agroécologie à l’Isara : « J’ai eu l’occasion d’utiliser les modules DIGI-AGRO avec des étudiants de 5e année d’ingénieurs dans le cadre d’un domaine d’approfondissement Vignes et Vin à Avignon. Les modules sont complémentaires de notre approche académique. Cette approche hybride est appréciée des étudiants qui l’utilisent pour réviser des concepts ou s’autoévaluer. »
Un jeu vidéo en mode conseiller agricole
Autre livrable de ce projet : un jeu vidéo accessible depuis son ordinateur ou son téléphone. « Nous avons opté pour un format immersif, où l’apprenant incarne un conseiller agricole confronté aux problématiques d’agriculteurs. Ses réponses influencent la suite du dialogue et la satisfaction de l’agriculteur. Cette immersion simule un accompagnement sur 3 campagnes virtuelles avec 3 niveaux de difficultés. C’est aussi une véritable boucle d’apprentissage, car le jeu renvoie également sur les modules d’e-learning », détaille Lola Ponnet.
Le jeu vidéo a séduit les étudiants : « Nous l’avons utilisé en TD (travaux dirigés) pour les préparer aux métiers du conseil. C’est un très bon complément aux approches théoriques, pour faire comprendre qu’il faut adapter les conseils au contexte du viticulteur. Cette mise en pratique est difficilement abordable en cours », témoigne Benjamin Richard.

Une durée de vie sur le temps long
Fin 2025, les contenus pédagogiques avaient déjà touché 173 établissements de formation et 6266 apprenants. « Le partenariat avec My Green Training Box est stratégique car il permet de pérenniser l’accès libre ainsi que la valorisation des contenus pour nos propres activités de formation (comme le Certiphyto) » souligne Marianne Sellam.
Financé dans le cadre du dispositif Deffinum, (Dispositifs France Formation Innovante NUMérique) opéré par la Caisse des Dépôts, « DIGI-AGRO a également permis une vraie montée en compétences pédagogiques en interne » précise Marianne Sellam. Fortes de cette expérience, les équipes de l’Acta et leurs partenaires déclineront ce format à d’autres thématiques.
7 partenaires se sont réunis pour que ce projet voie le jour :
- Les instituts techniques agricoles : ACTA,
- L’industrie du biocontrôle : IBMA France,
- L’enseignement secondaire et supérieur : CFPPA de Rivesaltes, l’Université de
Lorraine (Chaire Bio4Solutions) et l’INP Toulouse Purpan, - EdTechs : My Training Box et Play Curious.

Cette opération est co-financée par l’État dans le cadre de l’Action « Adaptation et qualification de la main d’œuvre », « Dispositifs France Formation Innovante NUMérique (DEFFINUM) », opéré par la Caisse des Dépôts (Banque des Territoires).
