FR - PARSADA, chiffres clés et focus sur la gestion des ravageurs en 2026
Contexte / Enjeux
Le PARSADA (Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures) célébrait en 2026 le troisième anniversaire après son annonce lors du Salon International de l’Agriculture 2023 par la Première ministre Élisabeth Borne. Trois ans plus tard, le Salon International de l’Agriculture 2026 a offert à l’Acta, aux Instituts techniques agricoles (ITA), au MAASA et à l’ensemble des partenaires des filières l’occasion de dresser un bilan complet du dispositif : priorisation des thématiques, montage et mise en œuvre des projets de recherche, et présentation des premiers résultats.
Si de nombreuses valorisations des projets du PARSADA ont été présentées lors du Salon, l’Acta a souhaité illustrer les avancées réalisées sur la gestion des insectes ravageurs lors d’une conférence tenue sur le stand Acta-ITA en présence de Jean-Hugues Belland, président du CTIFL et de Loïc Agnès (MAASA/DGAL).
Le PARSADA vise à prévenir les impasses techniques liées aux potentiels retraits de substances actives au niveau européen. Dans un contexte réglementaire de plus en plus strict et d’érosion des outils disponibles (résistance adaptative des bioagresseurs, raréfaction des nouveaux modes d’action), il se positionne en amont afin de soutenir les filières face à ces situations.
Le dispositif est piloté par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté Alimentaire (MAASA), via la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL). Il constitue un élément central de la stratégie Écophyto 2030 et est financé au titre de la planification écologique.
Les indicateurs clés :
Lors de la conférence, le 24 février au SIA 2026, Loïc Agnès (DGAL) a présenté les principaux indicateurs (au 31/12/2025) :
- 28 plans d’action publiés
- 44 projets lauréats
- 18 projets dédiés à la gestion des insectes ravageurs
- 180 M€ engagés
- Durée moyenne des projets : 5 ans
L’appel à projets 2026 est ouvert jusqu’au 31 juin 2026 pour les porteurs de projets.
“Les instituts techniques agricoles avec l’ensemble de leurs partenaires, veillent et assurent un effort structuré de transfert des stratégies et leviers éprouvés vers les producteurs tout au long des projets. “
Jean-Hugues Belland, président du CTIFL, membre du conseil d’administration de l’Acta
Le rôle de l’Acta et des ITA :
Le rôle de l’Acta et des ITA :
L’ Acta et les ITA dans le dispositif :
- Acta : co-préside le conseil scientifique et technique avec INRAE, et assure en partie, l’animation transversale du dispositif.
- ITA : impliqués dans 80 % des projets lauréats, avec leurs partenaires académiques et de développement, et participent activement à l’animation du dispositif via les cellules d’animation.
Les avancées marquantes sur les insectes ravageurs :
Les projets PARSADA sont conçus pour combiner plusieurs approches complémentaires, allant de l’étude approfondie des ravageurs aux solutions préventives et curatives, avec un transfert des connaissances vers les agriculteurs et leurs conseillers.
De nombreux projets montrent qu’il y a déjà quelques sorties, des pistes, hypothèses, voire déjà des résultats.
Les 5 exemples présentés lors du SIA 2026 :
- Epidémiosurveillance des lépidoptères en culture de légume d’industrie : le projet ACOMPLI, porté par l’UNILET, a déployé 330 pièges connectés à l’échelle nationale pour suivre sept espèces de lépidoptères ravageurs, et 450 sites spécifiquement dédiés à Helicoverpa armigera. Ces données, croisées avec des images satellitaires et des informations météorologiques, permettront d’améliorer le positionnement des interventions.
- Surveillance et anticipation des résistances aux méthodes conventionnelle et alternatives : le projet ASAP, mené par INRAE en partenariat avec de nombreuses filières, vise à renforcer le réseau de surveillance des résistances et à étendre cette démarche aux méthodes alternatives telles que les biosolutions et la lutte physique. Plusieurs cas significatifs ont déjà été identifiés : la résistance du carpocapse des pommes (Cydia pomonella) à certains types de biocontrôles, la détection de résistances aux insecticides et bioinsecticides chez Dysaphis plantaginea, et la preuve que certains herbicides peuvent exercer une pression de sélection sur les insectes. Ces travaux permettront d’anticiper les résistances et de mieux orienter les stratégies de protection.
- Solutions innovantes de biocontrôle pour Drosophila suzukii : dans le projet Optimistii, l’INRAE et le CTIFL testent la combinaison de la Technique de l’Insecte Stérile (TIS) et de l’Incompatible (TII) pour réguler Drosophila suzukii sur cerisiers. Après un premier essai pilote en 2024-2025, les essais à grande échelle débuteront en 2026-2028. L’objectif est de rendre disponible dès 2029 un produit de biocontrôle opérationnel et déployable à l’échelle territoriale.

Drosophila suzukii : la mouche à aile tachetée, une mouche invasive, arrivée en France en 2009.
Une fertilité élevée et reproduction rapide et une adaptation élevée à des conditions climatiques variées,1er ravageur de fruits rouges et de petits fruits à noyau.
- Protection physique contre les ravageurs aux Antilles : le projet PARSITROP, conduit par IT2, teste notamment l’utilisation de filets anti-insectes pour protéger les cultures maraîchères de la cécidomyie des fleurs. Les résultats sont prometteurs : sans filet, 80 % des boutons floraux sont infestés, tandis qu’avec les filets testés, le taux de nouaison double.
- Stratégies intégrées pour la lutte contre les taupins : le projet Taupifast, mené par inov3PT, développe des systèmes de culture intégrant plusieurs leviers : champignons entomopathogènes, plantes de service, travail du sol ciblé, rotations et techniques “Attract & Kill”. Dès 2025, cinq systèmes innovants ont été co-conçus avec les filières et les premières parcelles expérimentales sont en place, avec des évaluations prévues jusqu’en 2029.
De nombreuses autres d’approches sont étudiées dans ces projets, et dans l’ensemble des 44 projets lauréats du PARSADA à ce jour. De plus, les projets PARSADA ne se limitent pas aux insectes ravageurs ; ils ciblent également les adventices et les pathogènes des cultures végétales. Plus d’informations sont disponibles dans la brochure PARSADA et sur le site EcophytoPIC.
Ghais ZRIKI, entomologiste, écologue et ingénieur de recherche au CTIFL , présente ici les traveaux menés dans le cadre d’un premier essai pilote TIS pour la régulation de Drosophila suzukii sur cerisiers conduit en 2024 –2025 avec l’UMR CBGP INRAE.
