EUNETHORSE : appuyer les instituts techniques agricoles dans leur dynamique européenne
Contexte / Enjeux
Connecter les professionnels de la filière équine dans neuf pays européens et partager les solutions de terrain : c’est l’ambition du projet EUnetHorse, pour aider la filière à faire face aux défis climatiques, économiques et politiques. Aux côtés de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation), qui assure la coordination du projet, l’Acta joue le rôle de chef d’orchestre en assurant le pilotage opérationnel de ce consortium.
À l’échelle européenne, la filière équine pèse près de 100 milliards d’euros, compte quelques 8 millions de chevaux et génère environ 800 000 emplois, tous secteurs confondus (sport, courses, loisirs et trait). Cependant, face aux crises sanitaires, économiques et politiques, les exploitations équines sont vulnérables. Pour aider les professionnels à relever ces défis, le projet EUnetHorse a vu le jour.
Financé par le programme Horizon Europe, l’Acta accompagne l’IFCE dans le pilotage et la coordination. Ce projet ambitionne de créer un réseau structurant d’échanges de connaissances pour permettre aux exploitations équines d’être plus résilientes et performantes. Ce secteur, riche de pratiques diversifiées, souffre d’un statut ambigu. « La grande variété des usages possibles conduit la Commission européenne à ne pas toujours reconnaître pleinement le cheval comme un animal agricole. Cela peut, dans certains pays, rendre plus compliqué l’accès au foncier et aux aides de la PAC, fragilisant d’autant les exploitations équines. Une exception notable : la France, où le code rural reconnaît officiellement toutes les activités équines comme agricoles », explique Léa Tourneur, responsable du projet EUnetHorse à l’Acta.
Les chiffres EUnetHorse
- 9 pays européens représentés
- 16 journées de démonstration nationales organisées
- 6 voyages d’étude transnationaux sur 3 ans
- 170 exploitations équines touchées
- 120 conseillers et formateurs accompagnés
- 80 fiches techniques équines traduites en 8 langues

L’Acta en soutien, depuis la conception du projet jusqu’à sa mise en œuvre
« Dès la conception du projet, l’Acta a accompagné l’IFCE dans l’analyse de l’appel à projet, la structuration du consortium, l’animation d’ateliers et réunions, la rédaction pour renforcer l’excellence scientifique, l’impact et la cohérence des actions menées, sans oublier la consolidation budgétaire », détaille Léa Tourneur. L’Acta a ainsi contribué à transformer une idée portée par l’IFCE en un projet européen inédit pour la filière équine.
Démarré en mars 2023 pour une durée de quatre ans, le projet est doté de 3 millions d’euros. Il cible prioritairement les exploitants, les conseillers et les formateurs de neuf pays européens : la France, l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Finlande, la Roumanie, la Pologne, le Portugal et la Suisse. « L’Acta apporte aussi une plus-value stratégique en mobilisant la méthodologie de l’impact. Plutôt que de mesurer les résultats une fois le projet terminé, l’Acta mobilise sa boîte à outils « Impacta ». Nous avons particulièrement travaillé sur les chemins d’impact pour piloter les actions tout au long du projet et s’assurer qu’elles transforment réellement le quotidien des éleveurs », commente Léa Tourneur.
Un objectif qui résonne particulièrement chez les professionnels du secteur, à l’image de Chloé Bizet, éleveuse de chevaux de race Henson en Baie de Somme (80) et gérante d’une exploitation dédiée au tourisme équestre : « On est souvent isolé face à nos problématiques. Le fait de pouvoir créer du réseau et d’en bénéficier nous aide à progresser. »
Partage et diffusion des pratiques
Le projet s’articule autour de trois axes : l’identification des besoins des éleveurs, le recensement des bonnes pratiques dans les pays concernés, puis l’adaptation et la diffusion des solutions. « Leur validation est réalisée par des experts et des utilisateurs, en appliquant une analyse coût-bénéfice, selon trois piliers fondamentaux : la performance socio-économique, la santé et le bien-être des équidés, et la durabilité environnementale », précise Léa Tourneur.

D’ici la fin du projet, 80 fiches techniques illustrant ces solutions seront traduites dans les langues de tous les pays concernés. Elles aborderont, par exemple, l’amélioration des conditions de travail, l’optimisation de la gestion du fumier pour réduire l’empreinte carbone, ou encore la vermifugation raisonnée et l’application du principe de « la marche en avant » pour minimiser la transmission des maladies. Le programme mise également sur l’apprentissage entre pairs via des journées de démonstration sur le terrain, couplées à des ateliers thématiques de formation. S’y ajoutent des « visites croisées », de véritables voyages d’étude permettant à des groupes d’éleveurs d’aller s’inspirer de modèles étrangers.
Grâce à ce programme, la jeune éleveuse de la Baie de Somme a ainsi pu s’envoler pour la Pologne et participer à une journée d’échanges près de Beauvais. « C’est une véritable bouffée d’oxygène : aller voir d’autres modèles et échanger avec nos collègues est source d’inspiration. Par exemple, je suis revenue avec une idée toute simple : dérouler un ballot de foin pour apporter du confort à mes chevaux sur mes sols très humides », témoigne-t-elle.
Le projet EUnetHorse s’achèvera au début de l’année 2027. D’ores et déjà, il a permis de toucher plus de 170 exploitations équines et plus de 120 conseillers et formateurs en Europe. Au-delà, ce projet contribuera à valoriser la filière dans le cadre des négociations de la prochaine PAC (2028), en vue d’une meilleure reconnaissance du cheval en tant qu’animal agricole Enfin, à plus long terme, il devrait permettre aux exploitations de devenir plus résilientes face aux enjeux du secteur et au changement climatique.
Pour aller plus loin
Zoom sur les projets européens en 2025
9 nouveaux projets européens lauréats au sein du réseau Acta
4,5 M€ de subvention européenne pour ces nouveaux projets
13 collaborateurs de l’Acta et des ITA se sont rendus à l’Université d’Aarhus (Danemark)