2000

Les professionnels des filières végétales confient aux instituts techniques agricoles, la conception et la diffusion de chartes définissant les bonnes pratiques de productions sur les plans sanitaire, économique et environnemental. 

Réduction des mycotoxines dans les céréales : de 30 à 60 % pour le Déoxynivalénol et jusqu’à 70 % pour les fumonisines. 

Les chartes de bonnes pratiques agricoles ont été mises en place en France à la fin des années 1990 pour répondre à des crises sanitaires et à des attentes sociétales croissantes.

Dans la filière céréalière, l’alerte sur les mycotoxines en 2001, en particulier, a révélé la nécessité de sécuriser la production. Ces toxines, issues de moisissures, présentaient des risques pour la santé humaine et animale. Les chartes ont défini des règles pour prévenir ces contaminations : rotation des cultures, choix de variétés résistantes, gestion des résidus, séchage rapide et maîtrise de l’humidité. Elles ont aussi instauré la traçabilité et des contrôles qualité, évoluant vers la norme NF V30-001 en 2016, en élargissant le champ des risques sanitaires et environnementaux.

ARVALIS – Institut du végétal a joué un rôle clé dans la conception et la diffusion de ces chartes pour les céréales. Cet institut a développé des leviers agronomiques, des outils d’aide à la décision comme Myco-LIS®, et conduit des enquêtes sur 10 000 parcelles pour préciser les recommandations. ARVALIS a également co-piloté la création des chartes de production, fédérant près de 9 000 agriculteurs et couvrant 300 000 hectares. Ces pratiques ont permis de réduire les teneurs en DON (Déoxynivalénol)) de 30 à 60 % et les fumonisines jusqu’à 70 %, tout en diminuant l’usage des produits phytosanitaires de 20 %.

Dans la filière fruits et légumes, le CTIFL a élaboré des guides de bonnes pratiques d’hygiène, intégrant les principes HACCP pour maîtriser les risques microbiologiques (Salmonella, Listeria, E. coli). Ces guides couvrent la production, le conditionnement et la distribution, avec des recommandations sur l’eau, la chaîne du froid et la traçabilité. Le CTIFL assure aussi la formation, la veille réglementaire et l’accompagnement des professionnels.

Aujourd’hui, ces chartes sont indispensables pour garantir la sécurité sanitaire, répondre aux exigences réglementaires européennes et renforcer la confiance des consommateurs. Elles contribuent à la réduction des risques, à la préservation de l’environnement et à la compétitivité des filières françaises sur les marchés internationaux. Elles sont devenues un socle pour les certifications qualité (Label Rouge, HVE, GLOBALG.A.P.) et un outil stratégique pour anticiper les crises et structurer une agriculture durable.