Crise de la vache folle
1996
La crise de la vache folle, ou encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), débute en 1986 au Royaume-Uni.
Elle prend une dimension de santé publique en 1996 lorsque les scientifiques confirment la transmission possible à l’homme.
La crise de la vache folle, ou encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), débute en 1986 au Royaume-Uni, lorsque les premiers cas sont détectés chez des bovins. Cette maladie neurodégénérative, causée par un prion, est liée à l’utilisation de farines animales dans l’alimentation des ruminants. Ces farines, fabriquées à partir de carcasses et de cadavres d’animaux, ont favorisé la propagation de l’agent infectieux. L’épizootie s’étend rapidement : plus de 190 000 bovins infectés au Royaume-Uni et plusieurs milliers dans d’autres pays européens.
En 1988, le Royaume-Uni interdit l’usage des farines animales pour les ruminants. En France, la première interdiction intervient en 1990 pour les bovins, mais les farines restent autorisées pour les porcs et les volailles jusqu’au 14 novembre 2000, date de l’interdiction totale, suivie d’une mesure européenne en 2001. La crise prend une dimension dramatique en 1996, lorsque les scientifiques confirment la transmission possible à l’homme, provoquant une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
Les conséquences sont majeures : panique alimentaire, chute de la consommation de viande bovine, effondrement des marchés et abattage des troupeaux contaminés. Les autorités imposent des mesures radicales : retrait des produits à risque, dépistage systématique en abattoir, traçabilité renforcée. En France, le premier cas est détecté en 1991, et la filière subit des pertes économiques considérables. Cette crise constitue une rupture dans les relations entre élevage et société et révèle des failles dans la sécurité alimentaire. Elle conduit à la création de nouvelles structures comme l’AFSSA en 1998 (devenue ANSES en 2010).
Idele a joué un rôle majeur dans les actions mises en œuvre suite à cette crise : généralisation et à la sécurisation du système d’identification et de traçabilité des bovins, la création de la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage qui comptera jusqu’à 100 000 adhérents.
Aujourd’hui, l’épizootie est maîtrisée, mais elle a profondément marqué les politiques agricoles et la confiance des consommateurs, entraînant des règles strictes sur l’alimentation animale et un renforcement du principe de précaution.