1970 

La première fois que la fertilisation azotée est conçue comme le résultat d’un bilan entre les besoins de la plante et les ressources disponibles du sol.

Jean Hébert est reconnu comme le pionnier du raisonnement scientifique de la fertilisation azotée en France.

En 1969, il propose la méthode du bilan, une approche qui rompt avec les pratiques empiriques fondées sur des courbes de réponse issues d’essais annuels. Cette méthode repose sur un calcul prévisionnel visant à équilibrer les besoins en azote des cultures avec les fournitures du sol, en complétant par un apport d’engrais si nécessaire. Elle introduit des notions clés comme le potentiel de rendement, les besoins unitaires et la prise en compte des reliquats d’azote.

Les travaux de Hébert ont permis de passer d’une logique expérimentale à une logique scientifique, offrant un cadre robuste pour optimiser les apports et limiter les pertes vers l’environnement. Dans les années 1970, ses recherches sont approfondies avec JC Rémy et JM Machet pour élargir l’application aux céréales et à la betterave à sucre. Cette base conceptuelle a structuré la fertilisation azotée pendant plusieurs décennies.

À partir des années 1990, la méthode évolue avec des outils informatiques comme Azobil, qui simplifient le calcul pour différentes cultures. En 2004, AzoFert introduit un bilan dynamique intégrant les données climatiques et les caractéristiques de la parcelle, renforçant la précision des recommandations. Les principes posés par Hébert ont été intégrés dans les recommandations du Comifer et dans la réglementation française à partir des années 2010, notamment dans le cadre de la directive Nitrates.

Aujourd’hui, la méthode du bilan est enseignée dans toutes les formations agronomiques et constitue la base des outils modernes de pilotage comme N-tester ou Farmstar. Elle couvre près de 90 % des surfaces de grandes cultures en France, soit environ neuf millions d’hectares, ce qui illustre son impact majeur sur les filières végétales.

Plus de cinquante ans après son introduction, elle reste une référence incontournable tout en étant au cœur des réflexions pour concilier rigueur scientifique et simplicité d’usage.