Maîtrise et gestion de la qualité

La maîtrise de la sécurité sanitaire des matières premières de base de l’alimentation de l’Homme et des animaux repose sur le principe de prévention et sur des stratégies de suivi et de contrôle qualité des aliments, scientifiquement fondées et mises en application du champ à l’assiette. Ces stratégies reposent sur l’analyse et la gestion efficace des risques en les hiérarchisant pour cibler en priorité ceux qui impactent le plus la prospérité économique (FAO, 2009).

 

La qualité sanitaire : atout majeur de la compétitivité sur les marchés nationaux ou internationaux

Aujourd’hui, le respect des limites réglementaires (mycotoxines, métaux lourds, résidus phytosanitaires) est une condition d’accès au marché (conformité de la production) et l’évolution constante de la réglementation toujours plus exigeante (cadmium, toxines T2/HT2) oblige les professionnels à mettre en oeuvre des pratiques permettant de minimiser les contaminations.

Limiter les contaminations pour pouvoir accéder aux marchés

En outre, face à une diversification des problématiques de contamination des sols et des productions végétales, il est absolument nécessaire d’anticiper les demandes :

  • Un problème récent comme l’accident de Fukushima a fait émerger des questions sur les niveaux de contamination fréquents des sols et des productions végétales de grande culture en césium et uranium ;
  • Des demandes sur les niveaux en oligoéléments comme le sélénium se font entendre dans une problématique générale de « Nutrition/Santé » ;
  • La collecte et la synthèse de données disponibles sur la présence des micropolluants liés à l’activité humaine et véhiculés par l’alimentation vers les produits animaux est un champ d’investigation à creuser pour l’avenir ;
  • Les effets du changement climatique sur le développement des organismes pathogènes et sur les mécanismes de toxinogenèse est un enjeu sur le long terme qui reste incontournable.

L’élargissement de ces problématiques de qualité sanitaire à l’agriculture biologique s’avère nécessaire pour les années à venir au regard de la place croissante de ce mode de production.

 

 

 

Un lieu de coordination pour une approche intégrée de la qualité sanitaire : le RMT Quasaprove

Depuis 2009, l’ACTA anime le RMT Quasaprove (Qualité sanitaire des productions végétales de grande culture) dont l’ambition est de faire progresser de façon globale et harmonisée, la maîtrise des risques que font peser les organismes indésirables (bioagresseurs) ou les contaminants (mycotoxines, éléments-traces, résidus de produits phytosanitaires, contaminants (in) organiques) sur la qualité sanitaire des productions végétales de grande culture, à toutes les étapes de la production agricole jusqu’à la transformation en aliments, y compris le transfert animal.

 

Au-delà de la simple juxtaposition des partenaires et du traitement de leurs problématiques spécifiques, ce réseau permet de mutualiser les efforts de recherche et développement pour l’acquisition de nouvelles connaissances et la valorisation des résultats vers les différents publics visés (agriculteurs, éleveurs, stockeurs, transformateurs, conseillers, prescripteurs, enseignants, formateurs).

Maitriser la qualité sanitaire des productions végétales de grande culture

Quelques réalisations du RMT Quasaprove pour la période 2009-2013

  • 26 partenaires dont 9 ITA et 5 ITAI,
  • 4 rencontres « Recherche Appliquée, Formation, Transfert » rassemblant 80 à 120 participants chacune,
  • 10 projets lauréats dont 5 projets CasDAR,
  • Des travaux sur la multicontamination des productions végétales de grande culture en plein champ, la protection raisonnée des céréales et oléo-protéagineux contre les insectes au stockage ou encore la caractérisation du risque mycotoxique en production avicole,
  • Un réseau expérimental de parcelles multisites et multicontaminants sur le territoire national (figure p.36), constitué de 29 parcelles dont 4 en agriculture biologique pour tester en grandeur réelle les hypothèses et modèles,
  • Une base de données sur les niveaux de contamination des récoltes, alimentée par les données quantitatives et qualitatives recueillies au cours des campagnes.

Pour en savoir plus: www.quasaprove.org

 

 

 

Vers une dynamique renforcée amont-aval

Pour la période 2014-2020, le RMT Quasaprove est le seul RMT à bénéficier d’une double reconnaissance dans le secteur agricole (réseau ACTA ) et agroindustriel (ACTIA).


À ce titre, il se donne de nouvelles perspectives :

  • L’élargissement du spectre des contaminations aux HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques), PCB (polychlorobiphényles), pesticides organochlorés, régulateurs de croissance, aluminium, césium, uranium et sélénium, en plus du cadmium, de l’arsenic, du cuivre, du zinc et du plomb, et des conditions agropédoclimatiques,
  • Les risques associés à la contamination par les mycotoxines (rôle des résidus de culture, molécules « émergentes »)
  • Les contaminants de la chaîne alimentaire post-récolte (résidus, mycotoxines, micropolluants).

Ce nouveau programme, articulé selon trois axes et trois transversalités « amont-aval » (cf. schéma), s’appuie sur le réseau de parcelles, outil original et unique en France pour l’étude de la qualité sanitaire des productions végétales à la récolte reliée aux facteurs climatiques, pédo-géochimiques, biologiques et agronomiques.

S’appuyer sur des pilotes industriels pour valider les scénarii

L’intégration dans le nouveau programme de liens entre les acteurs de l’amont et l’aval des filières, des productions végétales de grande culture s’appuie sur la disponibilité des pilotes industriels des différents partenaires :

  • La plateforme Métiers du grain d’ARVALIS - Institut du végétal à Boigneville pour le stockage
  • Le moulin-pilote de l’ENSMIC à Surgères pour la meunerie,
  • La semoulerie-pilote plateforme fractionnement blé dur et maïs de l’UMR IATE à Montpellier,
  • L’usine-pilote de trituration des oléagineux CETIOM/ITERG à Pessac,
  • La plateforme malterie et brasserie de l’IFBM à Vandoeuvre-les-Nancy,
  • Le pilote de fermentation de l’IFPC au Rheu,
  • Le pilote de fabrication d’aliments à la ferme d’ARVALIS -Institut du végétal.

 

Quelles sont les substances indésirables, véhiculées par les matières premières introduites en alimentation animale et qui peuvent être potentiellement transférées vers les produits animaux ?

Pour répondre à cette question, un groupe de travail du RMT Quasaprove constitué de l’ITAVI , l’IFIP-Institut du porc, l’Institut de l’Élevage, L’ANSES et l’Inra propose de collaborer ensemble en lançant pour 2014 une étude qui vise à collecter et synthétiser les données disponibles sur la présence des micropolluants liés à l’activité humaine (dioxines, résidus phytosanitaires) et qui sont véhiculés par l’alimentation vers les produits animaux (viande, lait, oeuf). Une hiérarchisation/priorisation des micropolluants d’intérêt sera effectuée pour chaque filière animale.

Contact : emilie.donnat@acta.asso.fr