La protection intégrée des cultures

La protection intégrée des cultures est un enjeu majeur pour l'agriculture française : il s'agit de lutter efficacement contre les ennemis des cultures (qui menacent la qualité et les rendements des productions) en tenant le plus grand compte des risques induits pour la santé et l'environnement. L'ACTA s'engage pleinement, en lien avec les instituts de son réseau et les autres partenaires de la recherche-formation-développement, dans la mise en oeuvre de cette protection intégrée et les différents axes du plan Écophyto.
 

Mise en oeuvre de la protection intégrée des cultures

Dans le cadre de la directive européenne 2009/128, l’ACTA , en lien avec son réseau, a été chargé de contribuer à faciliter l’information des agriculteurs, techniciens et formateurs à l’échelle nationale comme à l’échelle communautaire, l’ACTA est responsable d’élaborer des outils permettant aux acteurs cibles de trouver une information pratique destinée à leur permettre de mettre en place, recommander, former. Sous l’égide du ministère chargé de l’agriculture, l’ACTA a conçu et coordonne le portail de protection intégrée ÉcophytoPIC auquel contribue l’ensemble des ITA des productionsvégétales, l’ITSAP-Institut de l’abeille et l’Institut de l’élevage (financé dans le cadre du plan Écophyto). L’ACTA es tresponsable en particulier de l’élaboration de contenus au sein de la plateforme transversale du portail destinée àcontenir une information générale, des définitions et de guider vers les plateformes consacrées aux différentes filières végétales. Ce contenu porte donc à la fois sur de l’actualité (agenda, revues de presse, dossiers, témoignages) mais également sur des apports techniques (méthodes de lutte, impacts des pratiques, suivi des programmes de recherche et développement). L’année 2013 a été marquée par le lancement de 5 nouvelles plateformesfilières :

ÉcophytoPIC : le portail Web de la protection de plantes


En appui à la dynamique collective du BSV (Bulletin de santé du végétal), le ministère en charge de l’agriculture, l’acta et les ITA ont ouvert en décembre 2012 écophytoPIC.

Cette plateforme transversale informe les utilisateurs (agriculteurs, conseillers, formateurs) par des actualités sur la protection intégrée (agenda, revues de presse, témoignages) mais également apporte un contenu technique de synthèse permettant d’avoir une vue globale de la Protection intégrée des cultures.
Six plateformes sont dédiées à l’ensemble des filières. Elles permettent d’obtenir une information plus complète et plus pratique sur les techniques pouvant être utilisées dans le cadre de la protection intégrée. Elles sont consacrées aux grandes cultures, aux cultures légumières, à l’arboriculture, à la viticulture, à l’horticulture et aux plantes à parfum, aromatiques et médicinales (ppam) et enfin aux cultures en milieu tropical (ouverture en février 2014).
Toutes ces plateformes sont construites sur le même modèle permettant aux visiteurs de faciliter l’utilisation du portail et de retrouver l’ensemble des rubriques. Actuellement, près de 3 000 documents sont mis en ligne ou en lien.
ÉcophytoPIC assemble l’information en un seul lieu pour les acteurs devant mettre en place des techniques innovantes et alternatives à la protection chimique.


Pour en savoir plus :

Accompagner la mise en oeuvre de la protection intégrée à l’échelle nationale et européenne

Parallèlement, hors financement CasDAR, l’ACTA a publié plusieurs ouvrages dont l’ouvrage « protection intégrée des cultures, méthodes et mises en pratique de la protection intégrée » coédité par l’ACTA , le groupe France agricole et l’AFFP qui décrit 70 méthodes de protection intégrée des cultures avec leurs avantages et leurs limites ainsi que des exemples de mise en pratique des mesures directes ou indirectes, l’ACTA a édité et fêté la 50ème édition de l’Index phytosanitaire ACTA ; elle a diffusé de nombreux ouvrages et réalisé des formations qui contribuent à une meilleure connaissance des produits phytosanitaires et des principes de protection intégrée des plantes.
Les éditions sont des aides pour savoir utiliser les produits phytopharmaceutiques et les auxiliaires de lutte biologique dans le cadre de la protection intégrée des cultures.

Constituer un service d’information et la diffuser pour accompagner les professionnels et les acteurs économiques dans cette dynamique de changement

Au niveau européen, l’ACTA est impliquée, avec 3 ITA , dans le projet européen PURE « Pesticide Use-and-risk and Reduction in Europe ». L’ACTA est en particulier responsable de la gestion d’un site permettant de faire le lien avec les porteurs d’enjeux dans les différents pays. Le contenu est centré sur la production des résultats du programme sous la forme de livrables et de visites virtuelles de parcelles d’expérimentation. L’ACTA est également chargé d’organiser les réunions du groupe de communication du programme.

Contacts:

 

 

Coordonner l'expérimentation pour atteindre les objectifs chiffrés du plan Écophyto

Lancés en 2012 et 2013 pour une durée d’au moins 5 ans, les 41 projets DEPHY EXPE mobilisent aujourd’hui 201 sites expérimentaux répartis sur le territoire métropolitain et ultra-marin en fonction des filières de productions végétales. Le réseau DEPHY EXPE se caractérise par un renouvellement fort des dispositifs avec 75% des sites expérimentaux implantés depuis 2011.

Il s’agit d’un réseau d’une ampleur unique par le nombre de sites suivis, le nombre de filières concernés, la durée d’expérimentation ainsi que le niveau de rupture choisi. C’est ainsi 390 systèmes de culture en rupture (forte diminution des intrants phytosanitaires) qui sont testés. Sur 2/3 des sites, un système à conduite « classique » (dit de référence) est présent pour mieux comparer le système en rupture avec la conduite moyenne à l’échelle de la ferme France de ce système. Les ITA jouent un rôle majeur dans ce réseau puisqu’ils pilotent 15 des 41 projets retenus et sont partenaires de la plupart des autres projets.

L’ACTA , en tant qu’animateur de ce dispositif est chargée d’accompagner l’acquisition de références en apportant un appui méthodologique sur les modes opératoires (protocole de suivi, règles de décision,…), les indicateurs retenus pour mesurer les performances économiques et environnementales ainsi que sur la capitalisation des résultats.

L’année 2013 a été une année de structuration du réseau et de ses données expérimentales (utilisation de Systerre notamment). 2014 consolidera cette dynamique avec l’arrivée du système d’information Agrosyst mis au point par l’Inra.

15 projets sur 41 projets sont pilotés par les ITA

Améliorer la surveillance biologique du territoire et l’épidémiovigilance

Outre sa participation à la commission nationale d’épidémiosurveillance, l’ACTA contribue à cet enjeu au travers :

  • de la co-animation du « Réseau français de santé du végétal ». Crée en 2011, ce réseau a pour objectifs de promouvoir les connaissances et à identifier les besoins communs ou complémentaires dans les domaines de recherche, de diagnostic et de compétence des acteurs. L’année 2013 a été en particulier consacrée au montage d’un réseau mixte technologique VEGDIAG, centré sur le diagnostic en santé végétal.
  • de l’étude des possibilités de synergie entre réseaux d’observation, expertise et modélisation dans l’élaboration du Bulletin de santé du végétal (BSV).

Dans le cadre du projet SynOEM, lauréat de l’appel à projet « Pour et Sur le Plan Écophyto » (PSPE), l’ACTA analyse comment s’opère cette intégration dans le cadre du BSV, sur plusieurs cas d’études pour faire des propositions méthodologiques concrètes pour améliorer la synergie entre ces sources d’information. La participation dans le projet des différents acteurs du BSV, ingénieurs régionaux, modélisateurs et méthodologistes devrait permettre des avancées significatives pour améliorer la qualité de l’analyse des risques de santé végétale tout en retenant les solutions compatibles avec les contraintes pratiques et temporelles de rédaction du BSV (Bulletin de santé du végétal), qui doivent s’effectuer dans des délais extrêmement brefs.

Sur ce sujet, l’ACTA a décidé d’investir en recrutant une doctorante (thèse CIFRE).

Contacts:

Le Réseau mixte technologique VEGDIAG: « Diagnostic en santé végétale»


Construit en 2013 et labellisé pour la période 2014-2018, le RMT VEGDIAG a pour objectif de perfectionner le diagnostic en santé des végétaux en vue d’améliorer la qualité sanitaire des systèmes de production des végétaux. Il porte sur l’ensemble des filières et sur les maladies, les ravageurs et les auxiliaires. Ce RMT s’intéresse plus particulièrement au diagnostic nécessitant l’intervention d’un laboratoire et ses relations avec la collecte des données de terrain.
Les actions de ce RMT ont pour ambition d’améliorer la qualité du diagnostic en santé des végétaux et d’accompagner les innovations liées au développement des nouvelles technologies. En parallèle, le RMT mènera des actions concernant l’optimisation du traitement des données et le
développement de la formation en santé des végétaux.
Les échanges plus intenses entre les partenaires du RMT permettront d’améliorer la réactivité des structures existantes face à des diagnostics de type généraliste en identifiant des complémentarités entre des équipes de recherche et de développement actuellement dispersées sur le territoire.

  • Équipe d’animation : ACTA – Inra - ANSES
  • Partenaires : CETIOM, IFV, FNAMS, FN3PT, FREDON France, GEVES, EPLEFPA Le Robillard, EPLEFPA de Tarn et Garonne, Institut SANDAR, IN VIVO AGRO-SOLUTIONS, UFS, VEGENOV-BVV, VEGEPOLYS Innovation.
  • Partenaires associés : ARVALIS , ASTREDHOR-Institut technique de l’horticulture, CIRAD, CTIFL, GERMICOPA , UIPP.


Contact : andre.chabert@acta.asso.fr

 

 

 

Approfondir la connaissance des bioagresseurs et proposer des outils d’aide à la décision (OAD)

Les nouveaux enjeux économiques, réglementaires et environnementaux ont bouleversé le concept de maîtrise de la flore adventice. On ne peut plus, aujourd’hui, s’en remettre exclusivement au désherbage chimique. Celui-ci doit être épaulé, complété, ou substitué par une gestion intégrée de la flore et par l’intégration de techniques alternatives. Cette « nouvelle donne » impose aux acteurs de la recherche, du développement et de l’enseignement de collaborer de manière plus étroite, plus systématique et plus intense pour dépasser la structuration par filières et apporter de réelles innovations. L’ACTA anime depuis l’année 2007, le RMT « Gestion de la Flore adventice en grandes cultures » (RMT Florad) qui associe sur des projets communs la recherche publique, l’ensemble des instituts des grandes cultures, les Chambres d’agriculture et l’enseignement agricole.

Les objectifs du RMT Florad sont :

  • Explorer de nouveaux champs d’action et construire des projets d’actions de recherche et développement : faire émerger et hiérarchiser les thématiques prioritaires pour apporter des réponses claires et utiles
  • Proposer son expertise et renforcer les liens avec les groupes de travail nationaux et régionaux
  • Valoriser et diffuser les résultats et les connaissances : Actions de formation, d’animation, de valorisation de résultats, de transfert et diffusion d’information.

Quelques réalisations majeures du RMT Florad pour la période 2007-2013 :

  • 12 dossiers d’appels d’offres déposés (CasDAR, FSOV, PSPE, DEPHY ANR, EC 7 FRAMEWORK) ; 8 dossiers acceptés (TTSI, désherbage mécanique, messicoles, Écoherbi…)
  • 2 outils d’aide à la décision : Infloweb, R-sim
  • 1 guide méthodologique de suivi de la flore adventice en grandes parcelles
  • 3 articles scientifiques et 7 parutions majeures ; 2 colloques organisés et interventions dans 9 colloques.

Une nouvelle version RMT Florad a été agréée pour la période 2014 – 2018, le domaine d’activité a été étendu à la vigne, et le partenariat élargi : groupement de coopératives, lycées agricoles et chambres d’agricultures.

Pour en savoir plus : www.florad.org

Contact: alain.rodriguez@acta.asso.fr

 

 

En terme de prévision du risque vis-à-vis des deux principaux ravageurs du sol en grande culture, l’ACTA a participé à deux projets CasDAR : l’un porte sur les limaces (RESOLIM, pilote ACTA ) et l’autre sur les taupins (pilote ARVALIS - Institut du végétal). En parallèle, un projet était conduit sur l’optimisation du contrôle biologique des bioagresseurs AUXIMORE (pilote CRA Picardie).


Les objectifs de ces projets sont de mieux comprendre la biologie de ces organismes vivant dans les sols et donc difficilement détectables par les agriculteurs. En effet, les limaces et les taupins peuvent faire des dégâts considérables et sur de vastes surfaces. La finalité de ces projets est de fournir aux agriculteurs les moyens de prévoir les risques associés pour qu’ils puissent mettre en oeuvre des moyens adaptés de biocontrôle avant d’envisager des méthodes de lutte conventionnelle.

Bien que tenant compte des spécificités de chaque organisme nuisible ou utile, les approches scientifiques de ces projets ont des points communs et la démarche est généralement la suivante :

  • Mise en place d’un réseau d’observation de terrain de l’abondance, de la nuisibilité ou du caractère bénéfique des auxiliaires,
  • Inventaires des données expérimentales, bibliographiques existantes et création d’une base de données, réalisation d’enquêtes
  • Méta-analyses des données existantes (retraitement quantitatif des données expérimentales ou disponibles dans la bibliographie),
  • Construction de modèles décrivant la dynamique des bio-agresseurs selon différents facteurs pédoclimatiques,
  • Conception d’outil d’analyse multicritères de l’effet des systèmes de production végétale et de leur environnement,
  • Test et validation des outils à l’aide de données expérimentales complémentaires, auprès d’atelier de conception de prototypes de systèmes de cultures ou directement avec des agriculteurs.

Prévoir les risques et mieux appréhender les moyens de biocontrôle 

Contacts:

 

 

Approfondir les travaux sur la protection des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques


L’ACTA grâce à une étude de postes menés chez différents agriculteurs en 2012 et en 2013, a produit cinq fiches autour de la gestion des produits phytopharmaceutiques pendant la phase de « Préparation ». Jusqu’à présent, seule une information globale était fournie aux agriculteurs, aux techniciens et aux formateurs pour cela. Le travail a consisté à découper la phase en cinq sous phases et à préciser les mesures de protection collective et individuelle.

Ces sous-phases sont :

  • Déstockage ;
  • Préparation et dosage des produits ;
  • Préparation de la bouillie ;
  • Nettoyage du matériel ;
  • Gestion des déchets et effluents.

Les principales conclusions du programme porte sur trois points qui sont apparus comme prépondérants c’est-à-dire :

  • L’organisation fonctionnelle des lieux qui fait défaut car peu spécifique avec un poste phyto mal intégré dans un ensemble dans lequel se déroulent d’autres actions,
  • L’impact de la conformation du matériel et de formulations peu faciles à employer et qui exposent fortement les opérateurs,
  • Le manque d’outillage en cas d’incident se produisant sur le terrain (pièces de rechange, équipements de protection et matériel facilitant l’hygiène).