Evénement

Le big data agricole : quelle réalité aujourd’hui ?

17.03.2016
De gauche à droite : Christian Rousseau (Vivescia), Alexandre Diaz (ISAGRI), David Joulin (start-up Ekylibre) et Marie-Cécile Damave (Saf agr'iDées)

Le 10 mars dernier, le réseau Numérique & Agriculture des Instituts Techniques Agricoles de l’ACTA, l’AFIA (Association Francophone d'Informatique en Agriculture et le Réseau Mixte Technologique Modélisation et Analyse de Données pour l'Agriculture ont organisé le séminaire « Le big data agricole : quelle réalité aujourd’hui ? ». Cet évènement a réuni 70 personnes.

Ce séminaire à vocation pédagogique a été l’occasion de s'accorder sur la définition du « big data » et de comprendre ce que cela impliquait au niveau de l’acquisition des données, de leur stockage et de leur analyse. Le « big data » se caractérise notamment par le très grand volume des données générées et par la puissance des traitements de celles-ci par des algorithmes complexes, mais les questions d'hétérogénéités des données et de leur mise à jour en temps réel sont également des composantes importantes. Le domaine agricole génère depuis longtemps de nombreuses données liées aux réseaux d'observation et d'expérimentation et traitées par des méthodes statistiques. Avec la révolution numérique, les exploitations agricoles deviennent productrices de données. Ces données « agriculteurs » pourraient couvrir une plus grande diversité de situations agronomiques que celles issues de l'expérimentation ou des réseaux d'observation classique. Leurs caractéristiques (volume, fréquence de mise à jour, variété, hétérogénéité et qualité) imposent de revoir les méthodes d'analyses de données. Leur mise en commun révèle un gisement sans précédent de données agricoles. C’est pourquoi, les acteurs du secteur parlent désormais du « Big Data Agricole ». Au-delà des besoins en compétence et du potentiel, le « big data agricole » est l'occasion de replacer les besoins des agriculteurs et des filières au cœur des préoccupations des acteurs de la recherche.

Le matin, plusieurs témoignages ont d'illustré l'aspect technique de gestion et de valorisation du « big data agricole » et la réalité des travaux engagés par les acteurs de la recherche :

Pascal Neveu (INRA) a introduit la conférence pour définir les caractéristiques du big data , en s'appuyant notamment sur le projet « Phénome », réseau français destiné à la caractérisation des plantes et dont le phénotypage avec l’intégration des capteurs haut débit. Dans ce cas la maitrise du big data permet aux instituts de recherche de mieux caractériser les variétés notamment en réponses aux stress climatiques. (Ce projet est soutenu dans le cadre des investissements d’avenir et est co-piloté par ARVALIS-Institut du végétal, Terres Inovia et INRA).

Philippe Lacomme (ISIMA) a présenté un panorama des différentes solutions informatiques de stockage et d'analyse adaptées à la gestion des grands volumes de données. Cet exposé a été l'occasion de prendre conscience des besoins en compétences informatiques pour valoriser ce « big data ».

Sandro Biomonte (IRSTEA) a présenté le projet « Eden » dont l’objectif est de promouvoir des solutions techniques pour une meilleure maîtrise des consommations énergétiques dans les exploitations agricoles en utilisant un système d’information (Solap) de type entrepôt de données basé des indicateurs de pilotage. (Ce projet collectif est en particulier conduit par l’ACTA, ARVALIS-Institut du végétal, Institut de l’Élevage).

Alexandre Journaux (INRA) a expliqué la mise en place des outils pour intégrer des données de phénotypage animal depuis l’acquisition jusqu’au traitement statistique et leurs valorisations pour le phénotypage animal.

Enfin, Catherine Bastin (AWE) a présenté le service « OptiMIR » qui propose des outils d’aide à la décision pour la gestion du troupeau laitier. Des modèles et équations de prédictions du statuts physiologique des vaches laitières ou de nouveaux constituants du lait sont rendus possibles grâce au travail mené de la standardisation des spectres MIR issus de l’analyse du lait et la constitution de la première base transnationale du contrôle laitier associées à des phénotypes. (Ce programme européen implique en particulier l’Institut de l’Élevage et l’Association Wallonne de l’élevage - AWE et tout un réseau d’acteurs en France, Belgique, Grande Bretagne, Luxembourg et Irlande). 

En complément de ces éclairages concrets, l'après-midi une table ronde a réuni Christian Rousseau (agriculteur et représentant du groupe coopératif VIVESCIA), Alexandre Diaz (ISAGRI, éditeur de logiciels agricole), David Joulin (start-up, Ekylibre) et Marie-Cécile Damave (saf agr’iDées). Ces points de vue ont permis d'élargir le débat de la journée en remettant notamment les besoins des agriculteurs au centre. Avec le « big data » les traitements des données permettent aussi un retour à celui qui a généré la donnée avec un service de conseil, au-delà des traitements statistiques. Un service sur mesure auprès de l’agriculteur devrait être rendu possible plus facilement.

Pour finir la journée, Gilbert Saporta (CNAM) a apporté le point de vue de statisticien sur les nouvelles méthodes à mobiliser et les besoins en nouvelles compétences dans les instituts de recherche et entreprises. Quelques pistes de formation pour les "Data sciences", à la frontière entre informatique et statistique, ont été évoquées.

Cette journée a mis en exergue l‘écart encore aujourd’hui entre les besoins exprimés par les agriculteurs et les services basés sur le « big data agricole » aujourd’hui proposés. Le potentiel de valorisation est énorme, que les données soient « big ou pas », avec de nombreuses attentes. Mais nous devons veiller au travers de nouveaux services à apporter une plus-value aux agriculteurs et aux acteurs des filières.

 

Présentations des intervenants 

 

 

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